Teinte
Teinte de base relevée sur teintier, complétée si besoin par une photographie du secteur avec le teintier en bouche. C'est la donnée la plus souvent incomplète et la plus coûteuse à rattraper.
Couronnes & bridges
Une couronne n'est pas un article sur étagère. Elle se décide avant sa fabrication : lecture de la préparation, choix du matériau en fonction de la charge, conception du profil d'émergence, réglage de la teinte sur la dent voisine.
Le bon matériau au bon endroit vaut mieux que le meilleur matériau partout.

Vue d'ensemble
Une couronne prothétique recouvre la totalité de la partie visible d'une dent préparée. Elle reprend à son compte trois fonctions que la dent n'assure plus seule : résister à la charge masticatoire, rétablir les contacts avec les dents voisines et antagonistes, et refermer l'espace biologique au niveau de la limite cervicale.
Le bridge répond au même principe sur plusieurs dents : des dents piliers préparées portent une travée qui remplace la ou les dents absentes. Sa conception est indissociable d'un calcul : plus la portée est longue, plus la contrainte en flexion sur la travée augmente, et plus le choix de l'armature devient déterminant.
Dans les deux cas, la marge de manœuvre du laboratoire commence à la préparation. Une limite nette, une épaisseur de matériau suffisante et une empreinte lisible conditionnent davantage le résultat final que la sophistication du procédé de fabrication.
Une limite nette et une épaisseur suffisante pèsent plus lourd, sur le résultat final, que la sophistication du procédé.
Les solutions
Chaque solution a sa page : indications précises, points de vigilance et questions fréquentes du terrain.
La réponse mécanique quand la charge prime sur la translucidité.
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La réponse optique, quand la dent doit disparaître dans son voisinage.
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La solution éprouvée, avec ses points forts et ses limites connues.
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Remplacer une dent absente en s'appuyant sur ses voisines.
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Indications
Le choix entre couronne, bridge et solution collée se joue sur le délabrement de la dent, sa position sur l'arcade et la charge qu'elle encaisse.
Matériaux
Les trois familles de matériaux citées par le laboratoire, et ce qui les sépare vraiment.




La plus résistante en flexion des céramiques dentaires courantes. Elle tolère les faibles épaisseurs et les travées que d'autres matériaux ne supportent pas. En monolithique, il n'y a pas de céramique cosmétique, donc pas d'éclat possible. Sa translucidité reste en retrait de la vitrocéramique, ce qui pèse peu en postérieur.

Céramique vitreuse mordançable, conçue pour être collée. Sans armature opaque, la lumière la traverse comme elle traverse une dent : c'est ce qui permet le gradient dentine-émail et l'effet de bord incisal. Sa tenue dépend de l'interface collée, donc du champ opératoire.

Armature métallique coulée recouverte d'une céramique cuite. C'est la technique dont on connaît le mieux le comportement à long terme. Ses deux limites sont connues elles aussi : le liseré cervical si la gencive se rétracte, et l'opacité de l'armature.
Comparatif
| Matériau | Ce qui le caractérise | Esthétique | Indications de prédilection | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|---|---|
| Zircone | Céramique polycristalline à base d'oxyde de zirconium. La plus résistante en flexion des céramiques dentaires courantes. | Bonne en versions translucides récentes, en retrait de la vitrocéramique en monolithique classique. | Secteur postérieur, bridges, faible espace prothétique, armatures de grande portée. | Se travaille en monolithique (une seule matière, pas d'éclat de cosmétique possible) ou stratifiée. Son abrasivité vis-à-vis de l'antagoniste dépend directement de la qualité du polissage final. |
| Vitrocéramique | Céramique vitreuse, mordançable, conçue pour être collée plutôt que scellée. | Élevée : translucidité et gradient de teinte proches de l'émail naturel. | Unitaires antérieures et prémolaires, facettes, inlays et onlays. | Sa tenue repose sur le collage : le champ opératoire et le protocole d'assemblage font partie du résultat. Prudence sur les travées postérieures, où la contrainte en flexion dépasse son domaine de confort. |
| Céramo-métallique | Armature métallique coulée recouverte d'une céramique cosmétique cuite. | Bonne, avec une limite connue : l'armature étant opaque, la lumière ne traverse pas la restauration. | Situations où l'on privilégie une solution éprouvée, bridges de longue portée, contextes économiques contraints. | Le point sensible reste la zone cervicale, où l'armature peut apparaître si le profil gingival se rétracte. La céramique cosmétique peut s'écailler sous contrainte, contrairement à un monolithique. |
Le laboratoire travaille la zircone en Katana Zirconia (Kuraray Noritake), la vitrocéramique en IPS e.max (Ivoclar Vivadent), et l'alliage non précieux des couronnes céramo-métalliques en Wironit (BEGO).
Options
Ce qui se décide à la prescription, et qui change le rendu final.
Teinte de base relevée sur teintier, complétée si besoin par une photographie du secteur avec le teintier en bouche. C'est la donnée la plus souvent incomplète et la plus coûteuse à rattraper.
Reproduction des particularités de la denture voisine : taches, craquelures, zones de translucidité incisale, coloration cervicale. Se demande explicitement, sinon la pièce sera rendue en teinte uniforme.
Texture et brillance. Une surface trop lisse sur une dent antérieure lit mal la lumière et trahit la restauration, même avec une teinte juste.
Reprise de la morphologie existante, du modèle de l'antagoniste, ou d'un projet esthétique validé au préalable.
Monolithique ou stratifiée, avec ou sans réduction cosmétique vestibulaire. Choix conditionné par la charge et l'exigence optique.
Collage ou scellement. Il oriente le matériau et le traitement de l'intrados préparé par le laboratoire.
Cas d'utilisation
Trois situations dans lesquelles le choix du matériau ne se pose pas de la même manière.
Du cabinet au laboratoire
Le laboratoire accepte les empreintes physiques comme les empreintes numériques. Les deux voies convergent sur la même conception.






Empreinte physique ou fichier d'empreinte optique, empreinte de l'arcade antagoniste, enregistrement de l'occlusion, teinte, et la prescription qui dit ce qui est attendu. Une donnée manquante à ce stade se paie en aller-retours.

Avant toute conception, le cas est lu : la limite de préparation est-elle continue et lisible, l'espace prothétique est-il suffisant pour le matériau demandé, l'occlusion enregistrée est-elle exploitable. C'est le moment où une difficulté se signale, pas après fabrication.

Modélisation de la pièce : forme, points de contact, morphologie occlusale, profil d'émergence, épaisseurs vérifiées matériau par matériau. Les logiciels cités par le laboratoire sont 3Shape et Exocad.

Usinage de la pièce, puis finition : maquillage, stratification si le cas le demande, réglage des contacts, polissage. La finition n'est pas une étape cosmétique, c'est elle qui détermine l'usure de l'antagoniste et le confort à la pose.

Restauration livrée avec ses modèles. Délai moyen de 10 jours ouvrés à réception d'un dossier complet, transport inclus vers le cabinet.
Données nécessaires
Ce dont le laboratoire a besoin pour travailler sans revenir vers vous.
Questions fréquentes
La prémolaire est la zone de bascule : visible dans un sourire large, mais soumise à une charge réelle. En l'absence de parafonction et avec un espace prothétique suffisant, la vitrocéramique offre une meilleure intégration optique. En présence de signes d'usure, d'un espace réduit ou d'un contexte de serrement, la zircone est le choix plus sûr.
Elle dépend du matériau et de la position, un monolithique tolérant des épaisseurs plus faibles qu'une pièce stratifiée. En cas de doute sur un cas serré, le plus efficace est de faire valider l'espace disponible avant la préparation définitive plutôt que de découvrir le problème à la conception.
Ce n'est pas le matériau en soi qui use l'antagoniste, c'est son état de surface. Une zircone correctement polie est peu abrasive ; une zircone laissée rugueuse après un réglage occlusal en bouche l'est nettement plus. Tout réglage réalisé au fauteuil doit être suivi d'un repolissage.
Oui. Le laboratoire accepte les deux. Les fichiers STL et les flux 3Shape et Exocad sont cités par le laboratoire. Le transfert des fichiers passe par l'espace praticien.
Une reprise de teinte est effectuée sans frais supplémentaire, sous 5 jours ouvrés, lorsque l'écart provient d'une donnée insuffisante à la prescription. En pratique, la majorité des écarts de teinte proviennent d'une donnée initiale insuffisante, d'où l'intérêt de la photographie avec teintier.
À voir aussi
Piliers personnalisés, couronnes transvissées ou scellées, bridges et barres. La partie prothétique du projet implantaire, où la précision se mesure au centième.
Céramique feldspathique et stratification. Une restauration qui ne se voit pas : quelques dixièmes de millimètre chargés de reproduire ce que fait l'émail avec la lumière.
Empreintes numériques acceptées, conception assistée par ordinateur, usinage de précision. Un flux où la donnée remplace le plâtre, sans supprimer la décision de métier.
C'est la question la plus utile à poser avant la préparation. Un espace prothétique serré ou un contexte de parafonction change le choix, et cela se traite mieux en amont qu'à l'essayage.